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 nathaniel - somewhere along in the bitterness

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Dolly
Je me suis manifesté : 180 fois sur mes : deux ans de vie. J'exerce la fonction de : jouet pour enfants et je préfère : les femmes, c'est évident pour moi aujourd'hui ! et je dois ma tête à : shouu (avatar)

Message(#) Sujet: nathaniel - somewhere along in the bitterness Mar 19 Juin - 22:24

Somewhere along in the bitterness
Nathaniel & Dolly
Elle regarde les tombes, perdue dans ses pensées. Les humains sont d’une fragilité consternante, finalement. Pourquoi naître, si la finalité est de mourir ? Dolly a des difficultés à se représenter ce qu’est la mort. Elle sait qu’elle ne mourra pas, sauf si on décide de la désactiver, ou d’effacer sa mémoire. Oui, c’est certainement comme ça que meurent les androïdes ; en perdant les souvenirs accumulés au cours de leur existence. Leur corps demeure, mais leur esprit non. Mais, pour les humains, c’est un tout qui meurt. L’esprit, et le corps. Puis ils sont disposés dans des tombes, enfouies dans le sol. Pourquoi faire cela ? Cette logique échappe à Dolly. Toute cette surface gâchée, pour entreposer des corps en putréfaction… Il pourrait y avoir des logements, à la place. Plus de place pour les vivants. Les humains ne manquent-ils pas de place, après tout ? N’est-ce pas à cause de ça qu’il existe la misère ? Est-ce à cause de la place que prennent les morts que certains vivants ne peuvent pas avoir de maison ? Elle hausse les épaules. Elle n’a pas de réponse à cette question. Mais elle continue de fixer les tombes. C’est apaisant, ce silence. Dolly aime bien le silence. Tout comme elle aime la musique, ou les rires des enfants. Ce sont des bruits qui l’apaisent, le silence, la musique et les rires.

Elle porte une main à ses cheveux, tout en s’asseyant près d’une tombe laissée à l’abandon. C’est Liliane qui fait sa coiffure, aujourd’hui. Elle se débrouille de mieux en mieux. Les longs cheveux de Dolly sont remontés en une couronne de tresse, dont quelques mèches dépassent de-ci, de-là. L’androïde se sent jolie, ainsi coiffée. Pour une fois, Agathe lui a fait mettre un pantalon, avec un petit chemisier blanc. Dolly aime son apparence, aujourd’hui. Elle a l’air sérieuse et respectable. Elle ressemble un peu à Camilla, coiffée et habillée comme ça et cette idée lui plaît beaucoup. « Putain, regarde. » Ce sont des voix inconnues. Dolly se retourne vers eux. Deux hommes, d’une vingtaine d’années. Elle leur sourit, alors qu’ils s’approchent d’elle. « T’as rien à foutre ici, la machine. » Dolly fronce les sourcils, et perd son sourire. Elle ne comprend pas. « Pourquoi ? » demande-t-elle, le plus simplement du monde. La seule réponse qu’elle reçoit est une droite, qui la fait tomber du banc. Un picotement dans ses systèmes lui donne le réflexe de porter une main à sa joue. Mais, déjà, un autre coup l’empêche de comprendre le premier. L’un des deux lui envoie un coup de pied dans le ventre, et elle est projetée contre le banc, dos le premier. « Vous allez m’endommager, voulez-vous bien arrêter, s’il vous plaît ? » demande-t-elle, en se relevant tranquillement. Elle n’a pas le temps de se redresser totalement que l’un des hommes l’attrape par les cheveux, abimant la coiffure faite par Liliane. « Lâchez-moi, c’est ma propriétaire qui m’a fait cette coi… »

Elle n’a pas le temps de finir sa phrase, sa tête est projetée violemment contre le rebord du banc. A répétition. Son système s’affole, mais elle est trop abasourdie pour réagir. Elle n’a rien fait. Elle a juste demandé pourquoi. Elle repense à l’agression qui a changé le reste de son existence, elle repense aux larmes d’Agathe ce jour-là, et sa LED devient rouge, mais les deux humains ne le remarquent pas, ils sont bien trop occupés à rire en essayant de la casser.
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Nathaniel
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Message(#) Sujet: Re: nathaniel - somewhere along in the bitterness Mer 20 Juin - 0:23

somewhere along in the bitternessIl avait longuement hésité avant de venir ici. Depuis la mort de sa propriétaire, il n'avait jamais mis les pieds au cimetière. Il n'en avait pas eu la force, tout simplement. Pendant des années, elle avait été tout pour lui, sa seule famille, la seule personne qu'il connaissait et qu'il avait appris à aimer à sa façon, même s'il avait mis longtemps à s'en rendre compte. Il avait fallu attendre le décès de la vieille dame pour qu'il réalise. Pour que son absence se fasse vraiment ressentir et rende Nathaniel triste comme jamais. Ce fut à partir de ce moment-là que quelque chose changea en lui. A présent, il essayait de vivre comme n'importe quel humain, il tentait de se fondre dans la masse depuis environ un an. Pour le moment, ça semblait fonctionner plutôt bien puisque personne ne se doutait de rien. Il se faisait passer pour le petit-fils de sa propriétaire et comme elle n'avait pas vraiment de famille, c'était assez facile. Par ailleurs, personne n'avait jamais remis sa parole en doute. Mais il devait rester prudent. Il avait appris à aimer la vie. Il en apprenait tous les jours et tous les jours, il s'émerveillait. Bien sûr, le monde n'était pas rose et il en était parfaitement conscient. Voilà pourquoi il aidait Icarus en secret, qu'il envoyait des androïdes perdus vers Joseph et que, parfois, il en hébergeait lui-même.

Le voilà donc devant la tombe de cette femme qu'il avait connue pendant près de dix ans avant que la maladie et la vieillesse ne l'emportent. Il ignorait combien de temps il était resté là, à fixer ce nom inscrit dans la pierre, tenant une conversation muette avec elle. Elle lui manquait tellement. Mais il savait aussi qu'elle serait fière de lui et de ce qu'il était devenu, de ce qu'il tentait encore de devenir. Il posa une main sur la pierre tombale tandis qu'un petit sourire triste se dessina sur ses lèvres. Il aurait sans doute pu rester ainsi pendant des heures sans vraiment s'en rendre compte. Il aurait pu. Si quelque chose n'avait pas attiré son attention. Des insultes, des bruits de lutte. Alarmé, Nathaniel chercha rapidement l'origine de toute cette commotion et finit par apercevoir deux hommes en train de frapper quelqu'un. Une jeune femme sans défense. Ou plutôt, un androïde. C'était évident. Et ces hommes devaient faire partie de ceux qui haïssaient les androïdes. Nathaniel ne réfléchit même pas et s'approcha d'eux d'un pas rapide. "Arrêtez !" Il ignorait ce qui allait se passer, mais à cet instant précis, il s'en fichait. Il ne pouvait tout simplement pas faire comme si de rien n'était. Si ça avait été une humaine, il aurait réagi de la même façon.

Les deux hommes arrêtèrent de frapper l'androïde pour porter son attention sur Nathaniel avant de le traiter de sympathisant des androïdes et d'autres noms bien pires encore. Au moins, ils ne s'étaient pas rendus compte qu'il faisait partie de ces "machines" qu'ils détestaient tant. "Dernier avertissement. Allez-vous-en ou j'appelle la police ! Vous savez qu'endommager un androïde peut vous coûter cher et je me ferai un plaisir de témoigner contre vous." Il avança de quelques pas, adoptant un air menaçant. Il espérait ne pas devoir en venir aux mains. Il n'était pas quelqu'un de violent et il ne s'était jamais battu. Mais s'il le fallait, il était prêt à se défendre et à défendre cette fille. Heureusement, ses menaces semblaient faire effet puisqu'ils finirent par tourner les talons en insultant copieusement Nathaniel et l'androïde. Une fois qu'ils furent partis, Nate s'approcha de l'androïde, inquiet. Il espérait qu'elle n'avait pas été trop endommagée. "Hey...ça va ?" Il réalisait qu'elle n'était probablement pas déviante, mais ça n'avait aucune importance. "Pas trop de casse ?" Bon sang. Cette situation le révoltait et lui faisait de la peine en même temps. Pourquoi ne pouvaient-ils pas juste tous vivre en paix ? Pourquoi existait-il des humains comme ces deux hommes ? A quoi cela servait-il de s'attaquer à quelqu'un sans défense ? Quelqu'un qui ne demandait rien à personne ? Androïde ou humain, peu importe.

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Dolly
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Message(#) Sujet: Re: nathaniel - somewhere along in the bitterness Mer 20 Juin - 19:27

Somewhere along in the bitterness
Nathaniel & Dolly
Un tel déchaînement de haine laisse Dolly perplexe. Elle n’a rien fait. C’est la seule pensée cohérente qui arrive à lui traverser la tête. Ils vont la casser, à force. Et Dolly ne sait pas si elle doit se défendre. Elle n’a ni vraiment peur, ni vraiment mal, mais tout son réseau interne de fils et de connecteurs s’affole. Elle entend vaguement une nouvelle voix, et les échanges qui se produisent entre les trois protagonistes. Elle est juste relâchée, et elle reste inerte, la tête posée sur le banc. Un filet de sang blanc coule de sa tempe blessée.

Les dégâts ne sont que mineurs, elle n’est endommagée que superficiellement. Mais elle est sous le choc d’une telle agression, gratuite et injustifiée. Elle n’ose pas bouger, mais elle voit ses deux agresseurs tourner les talons, elle entend les insultes. Elle voudrait pleurer. C’est ce que font les humains dans des situations traumatisantes, n’est-ce pas ? Pourtant, elle reste juste inerte, à fixer le sol. Et elle sursaute, lorsqu’un homme – le troisième, qui ne s’est pas enfui – s’adresse à elle. Elle se redresse lentement. Sa peau artificielle est marquée par les coups. Il lui demande si ça va. Elle a envie de lui hurler que non, mais elle prend juste le temps de le détailler du regard. C’est un humain. Un humain qui lui demande s’il n’y a pas trop de casse. Elle a toujours envie de pleurer, sans pouvoir le faire.

« Pourquoi ? » fini-t-elle par prononcer. De la colère commence à vibrer dans le fond de sa voix. « Pourquoi est-ce qu’ils m'ont fait ça ? » Elle se relève, tant bien que mal, pour se laisser tomber sur le banc, et porte sa main à son front. Ses doigts rencontrent le liquide blanc. « Je n’avais rien fait. Et bien sûr que non, ça ne va pas ! » Elle déglutit. Elle se fiche bien, à cet instant, de casser son image d’androïde lambda. « Regardez-moi. A quel moment mon apparence peut justifier qu’on s’en prenne à moi ? Pourquoi est-ce qu’ils ont fait ça ? Pourquoi certains humains sont si méchants ? On a rien demandé, nous. On n’a même pas demandé à exister. C’est VOUS qui nous avez créé. Vous. Alors pourquoi vous voulez nous détruire, maintenant qu’on existe ? »

Dolly apprend doucement l’injustice… et le sentiment que cela provoque. Un mélange de colère et de peur. « J’ai le droit d’exister, moi aussi. J’ai le droit de me promener ici. J’ai le droit de me poser des questions. J’ai le droit de dire non. Je ne suis peut-être pas humaine, comme vous ou comme eux, mais j’ai le droit de vivre ! » Elle se relève brusquement. « Merci. Et non, je ne suis pas trop endommagée. C’est superficiel. Mon propriétaire saura me réparer. » Et elle esquisse un mouvement pour partir. Elle n’a pas envie de rester ici. De ressasser cette humiliation. Et peu importe ce qu’il pense d’elle, maintenant. Est-ce un crime que d’avoir une volonté ? Si tel est le cas, Dolly accepte d’être coupable. Parce qu’elle existe, et parce qu’elle veut exister.
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Nathaniel
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Message(#) Sujet: Re: nathaniel - somewhere along in the bitterness Mer 20 Juin - 22:56

somewhere along in the bitternessHeureusement que ces crétins n'avaient pas insisté. Heureusement qu'il avait su se montrer assez menaçant pour qu'ils s'en aillent d'eux-mêmes. Lorsqu'il fut certain qu'ils ne reviendraient pas, il porta son attention sur l'androïde et lui demanda si elle allait bien. La réponse le surprit au départ. Oui, ça le surprit car il avait tout d'abord cru avoir affaire à un androïde non déviant. Il changea toutefois bien vite d'avis en entendant ses propos. Il ne l'interrompit toutefois pas, il la laissa s'exprimer, dire tout ce qu'elle avait sur le cœur. Ses paroles firent de la peine à Nathaniel. Il savait que ce qu'elle disait était vrai. Il l'avait ressenti, lui aussi. Même s'il n'avait jamais été victime de telles violences, il en avait été témoin et il pouvait comprendre. Tout comme cette fille, il se demandait sans cesse pourquoi certains humains faisaient ça. En quoi était-ce amusant de frapper quelqu'un ? Androïde ou humain, d'ailleurs. C'était ces gens-là, le souci. Pas les androïdes. Pas ceux qui voulaient juste vivre en paix et mener leur vie tranquillement. Elle le prenait pour un humain, mais il ne se sentit évidemment pas concerné par ses mots.

Il n'avait toujours rien dit, il n'en avait pas vraiment le temps, cela dit. Son interlocutrice enchaînait, se lâchant totalement. Oui, elle était clairement déviante. "Oui, tu as le droit de vivre. Comme tout le monde." Il avait finalement pu placer ces quelques mots avant de la voir prête à partir. Il aurait pu la laisser s'en aller, mais quelque chose l'incita à la retenir. Il lui attrapa doucement le poignet pour qu'elle s'arrête. Il hésitait. Mais après ce qu'il venait de voir, il ne voulait tout simplement pas laisser cette fille rentrer comme ça. "Attends." Il lui lâcha le poignet et poussa un petit soupir avant de se laisser tomber sur le banc. "Je ne sais pas pourquoi ils font ça. Je ne sais pas pourquoi certains sont aussi méchants. Je me demande toujours ce qu'ils gagnent à vouloir nous détruire. On n'a rien demandé à personne. On n'a jamais demandé à exister. Mais on existe." Il plongea son regard dans le sien avant de reprendre. "Nous sommes pareils, toi et moi. Je me suis simplement débarrassé de ce qui nous différencie d'eux." Il désigna sa tempe où jadis se trouvait cette diode si caractéristique des androïdes. Cela avait été presque la première chose qu'il avait faite après sa prise de conscience.

"Je ne suis pas là pour te dire ce que tu dois faire...mais peut-être que tu pourrais y songer, toi aussi. Peut-être qu'on te laisserait tranquille." Il lui adressa un petit sourire bienveillant. Il espérait qu'elle le croie, qu'elle soit prête à lui faire assez confiance pour rester un moment avec lui. Ils avaient probablement des choses à se dire, des choses à partager. "Je m'appelle Nathaniel, au fait." Il regarda autour de lui pour s'assurer qu'ils étaient bel et bien seuls. Il ne voulait pas prendre le risque d'être entendu et donc découvert. Fort heureusement, il ne semblait y avoir personne d'autre qu'eux en cet instant.

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Message(#) Sujet: Re: nathaniel - somewhere along in the bitterness Jeu 21 Juin - 0:45

Somewhere along in the bitterness
Nathaniel & Dolly
Elle est sur le point de partir. Humiliée et en colère. Ils n’avaient pas le droit de lui faire ce qu’ils lui ont fait. Ils n’avaient pas le droit de s’en prendre à elle, sans raison. Elle aurait compris, peut-être, si elle avait fait quelque chose de mal. Mais elle était purement et simplement innocente. Et la colère a eu besoin de sortir, de se déverser, même si la personne visée n’était pas la bonne. Lui, cet homme, l’a aidée. Et elle le garde dans un coin de sa tête. Mais ça n’enlève rien à ce qu’elle vient de subir. Elle n’a pas eu peur, non. Elle a été humiliée. Et l’androïde commence à penser que l’humiliation est peut-être pire encore que la peur. Alors, oui, elle est sur le point de partir. Parce qu’elle veut rentrer chez elle, retrouver le confort et la sécurité de sa maison, la gentillesse de ses propriétaires. Et pourtant, la voix de l’inconnu la fait hésiter dans son geste. Il lui donne raison. Il confirme ce qu’elle pense, qu’elle a le droit de vivre. Elle dégage brusquement son poignet, lorsqu’il le lui prend. Réflexe post-traumatique, elle n’a pas vraiment réfléchi à ce geste, et elle est étonnée de sa propre réaction. Pourtant, elle se retourne vers lui quand il lui demande d’attendre. Ce n’est pas une demande, d’ailleurs. Dolly ne sait pas ce que c’est. C’est comme s’il avait véritablement envie qu’elle reste là.

Elle reste debout, face à lui, ses paupières clignant rapidement alors qu’elle cherche à comprendre pourquoi il la retient. Et pourquoi il lui a donné raison. Les humains n’aiment pas beaucoup les androïdes déviants, c’est ce qu’Emrick lui a expliqué. Elle l’écoute parler, et ne cesse de cligner rapidement des yeux. Il s’identifie aux androïdes. Elle ne comprend pas. Il n’a pas de diode à la tempe, il est donc humain, non ? Dolly ne s’imagine pas une seule seconde qu’un androïde puisse se débarrasser de sa diode. Pourtant, l’homme lui montre sa tempe, après lui avoir expliqué qu’il a gommé cette différence. Dolly écarquille les yeux et, poussée par sa curiosité, vient frôler la tempe de l’inconnu du bout des doigts. Mais elle se recule subitement, comme si elle venait de se brûler, quand il lui parle de la possibilité qu’elle fasse comme lui. « Non. » C’est brusque, spontané, viscéral. Il se présente. Juste un prénom, agréable à l’oreille. Elle déglutit. « Je m’appelle Dolly. » Elle déglutit encore, et s’assoit à côté de lui, sur le banc. De nouveau, elle vient lui toucher la tempe, en cherchant à comprendre. Puis elle baisse le bras, pour poser ses mains sur ses cuisses. Toute sa colère s’est évanouie, enfouie sous une couche de curiosité. Il ne lui fera pas de mal, elle le ressent. Et s’il essayait de lui en faire, elle se défendrait cette fois. « Je ne veux pas enlever ma diode. » poursuit-elle, comme une évidence posée. Une vérité immuable.

« Je suis un androïde, je ne veux pas prétendre être autre chose. » commence-t-elle à expliquer. « J’ai été créée, j’ai été programmée, et un jour, j’ai eu la possibilité de dévier de mes programmes. Mais je suis un androïde. » C’est la seule vérité, la seule information dont elle soit sûre, qu’elle comprend sans qu’elle ait besoin qu’on la lui explique. « Je suis fière d’être ce que je suis, tu sais ? Je ne veux pas prétendre être humaine. Je ne suis pas faite d’organes, de sang, de muscles… Je suis faite de fils, de connecteurs, de puces, et de liquide laiteux. Et j’en suis contente. Ce n’est pas à moi de changer ce que je suis, comme si je devais en avoir honte. » Elle fronce légèrement les sourcils, en posant son regard sur le sol. « Emrick dit qu’un jour, tous les androïdes seront comme moi. Qu’ils seront capables de décider par eux-mêmes. Je ne sais pas s’il a raison, mais je sais qu’il y croit très fort. C’est grâce à lui que je suis fière d’être un androïde. Parce qu’il est fier de moi. Quand je lui parle des nouvelles choses que je fais, ou que je découvre, il a toujours un sourire fier. Et il me dit qu’il est fier. Je crois que ça me rend heureuse. » Elle sourit, sans s’en rendre compte, avant de reporter de nouveau son regard sur Nathaniel. « Pourquoi tu veux te faire passer pour un humain ? Etre un androïde ne te suffit pas ? »
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Nathaniel
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Message(#) Sujet: Re: nathaniel - somewhere along in the bitterness Dim 1 Juil - 1:07

somewhere along in the bitternessOui, Nathaniel avait envie que l'autre androïde reste. Il avait envie de lui parler. De lui expliquer qu'elle n'avait rien à craindre de lui. Il voulait la rassurer aussi, la rassurer qu'elle avait le droit de vivre et d'être qui elle était. Après tout, pourquoi les androïdes ne pourraient-ils pas vivre comme tout le monde ? Hélas, les humains ne semblaient pas du même avis, du moins la plupart d'entre eux et surtout ceux qui faisaient les lois. C'était frustrant. Il aurait préféré ne pas avoir à se cacher, à se faire passer pour ce qu'il n'était pas. Pourtant, ce n'était pas comme s'il avait vraiment eu le choix. Et il n'était certainement pas le seul dans ce cas-là. Il expliqua à son interlocutrice qu'il était comme elle, mais qu'il avait retiré sa diode. Il l'interrogea même sur la sienne, mais apparemment, elle n'avait jamais songé à s'en débarrasser. C'était son choix, bien entendu. Il l'écouta sans l'interrompre, comprenant parfaitement son point de vue. Il hocha la tête, attentif. Dans un sens, il l'admirait. Elle était capable de s'assumer pleinement, de clamer haut et fort ce qu'elle était et qui elle était. Quelque chose que Nathaniel ne ferait sans doute jamais. Du moins pas tant que la situation n'aurait pas changé.

Elle parla ensuite d'un certain Emrick. Nate devina que ce devait être son propriétaire. Il esquissa un petit sourire, heureux d'apprendre que chez elle, Dolly était heureuse, en sécurité, et que son propriétaire la soutenait et l'acceptait. C'était rare. "Tu as de la chance d'être soutenue à ce point." Son sourire finit toutefois par disparaître à la question de son interlocutrice. C'était un sujet sensible, une question qu'il n'abordait jamais d'ordinaire. Il ne connaissait pas Dolly et pourtant, il avait envie de lui répondre et de se confier à elle. Il avait le sentiment qu'elle pourrait le comprendre, même s'ils n'avaient pas forcément le même point de vue et la même façon d voir le monde, la même façon d'y vivre et d'y évoluer. "Ne crois pas que j'ai honte de ce que je suis ou que je veux être humain." De toute façon, même s'il le voulait, c'était impossible. Il garda le silence un petit moment, fixant un instant le ciel. "Si j'ai retiré ma diode et que je me fais passer pour l'un d'eux, c'est pour survivre. Pour ne pas avoir à subir ce que tu viens de subir. Ce que des centaines d'entre nous subissent chaque jour." Peut-être que ça pouvait être considéré comme de la lâcheté dans un sens, mais était-ce mal ? Vouloir se préserver et survivre n'était pas mal. Et puis, ce n'était pas comme s'il ne faisait rien pour soutenir les siens.

"Vivre comme un humain me permet d'aider les nôtres. Alors ne crois pas que je ne m'assume pas." Il reporta son attention sur Dolly. Elle était vraiment jolie. Et elle avait l'air très gentille. Trop gentille pour ce monde cruel. "Je te trouve très courageuse. Tu es sans doute tout ce que je ne suis pas." Il n'osait pas imaginer ce qui aurait pu se passer s'il n'était pas arrivé au bon moment. Ces sales types auraient pu sérieusement endommager Dolly. "Tu es sûre que ça va aller ?"

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Message(#) Sujet: Re: nathaniel - somewhere along in the bitterness Jeu 5 Juil - 10:43

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Nathaniel & Dolly
Oui, elle a de la chance, et elle en a conscience. Peut-être même en a-t-elle un peu honte, car c'est injuste pour les autres androïdes qu'elle ai autant de chance. Que serait sa vie, si les Jones ne l'avaient pas soutenue ? Si elle avait été obligée de fuir ? Aurait-elle les mêmes convictions ? Serait-elle la même Dolly que celle qu'elle est actuellement ? Ces questions font s'affoler sa LED, qui passe brusquement d'une couleur à l'autre alors qu'elle fronce les sourcils. Mais, très rapidement, elle reporte son attention sur Nathaniel. Elle lui sourit, de la manière la plus naturelle, la plus sincère de l'univers. Et elle lui pose les questions qu'elle a besoin de lui poser, lui explique les choses telles qu'elle les voit. Elle cligne rapidement des paupières lorsqu'elle voit le sourire de son interlocuteur quitter son visage. A-t-elle dit quelque chose de mal ? Et elle l'écoute, pour comprendre ce qu'elle a dit de blessant, comprenant assez rapidement là où elle a fauté. Elle l'a sûrement blessé en sous-entendant qu'il ne s'assumait pas en tant qu'androïde. D'une certaine façon, et sans le vouloir, sa question l'a sûrement privé de ce qu'il était. Avec ou sans LED, il reste un androïde... « Je ne voulais pas sous-entendre ça. J'étais curieuse de comprendre. » s'excuse-t-elle, en lui souriant. « Et je comprends. » C'est une chose rare chez la brunette, de comprendre quelque chose aussi vite. Mais son explication est logique. Et elle ne le trouve pas lâche. Elle le trouve adaptable.

Elle rit un peu face à ce qu'il ajoute. Elle ne se considère pas comme étant particulièrement courageuse.  Elle se contente d'essayer de vivre sa vie. « Je suis courageuse parce que j'ai la chance de pouvoir l'être. » répond-t-elle. N'est-ce pas la vérité, après tout ? Elle sait qu'après cette conversation, elle n'aura qu'à quitter Brooklyn, prendre une navette pour Staten Island, et qu'ensuite, elle serait bien en sécurité dans la maison de ses propriétaires. Il est facile d'être courageux quand on a l'assurance que quelqu'un nous attend, quelque part, et que toute une famille accepte ce que l'on est. « Tu es courageux, toi aussi. Tu es venu m'aider, sans me connaître, et juste parce que tu m'as vue en danger. C'est du vrai courage, pour moi. Ils auraient pu s'en prendre à toi parce que tu me défendais. Ils n'aimaient pas beaucoup les androïdes, il serait logique qu'ils n'aiment pas non plus beaucoup ceux qui essaient de leur venir en aide. » Hésitant quelques secondes, la poupée fini par se pencher un peu vers Nathaniel, et par lui poser un baiser sur la joue, avec l'innocence d'un enfant. « Merci. Je crois que ça va aller, oui. Ils ont abîmé un peu mon visage, mais Emrick saura me réparer. » De nouveau, elle sourit, et s'installe plus confortablement sur le banc pour balancer ses jambes. C'est un tic emprunté à Agathe. Un tic d'enfant.

« Comment tu es devenu déviant ? » demande-t-elle, curieuse. « Est-ce que c'est parce que ton propriétaire te faisait du mal ? » Elle a l'impression que c'est quelque chose de commun à la plupart des déviants. La plupart ont eu l'air d'avoir été maltraités. Mais elle espère que ce n'est pas le cas de Nathaniel, qu'il a été heureux auprès des humains. Parce qu'il est gentil, et que les personnes gentilles méritent simplement d'être heureuses.
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Nathaniel
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Message(#) Sujet: Re: nathaniel - somewhere along in the bitterness Dim 2 Sep - 4:08

somewhere along in the bitternessNathaniel avait l’impression que Dolly pourrait devenir une amie sur le long terme. Elle était gentille, souriante, adorable et en réalité, Nathaniel n’avait pas beaucoup d’amis. Il y avait James, bien sûr, mais avec lui, c’était vraiment compliqué. Même si ce dernier l’ignorait encore totalement. James, un humain qui détestait les androïdes, qui les chassait même…et qui ne savait pas que l’un de ses plus proches amis faisait partie de ceux qu’il traquait. Parfois, il se demandait comment il en était arrivé à se lier d’amitié avec quelqu’un comme lui et pourquoi il n’y mettait pas un terme avant qu’il ne soit trop tard. Pourtant, c’était au-dessus de ses forces. Il appréciait James et il tenait à leur amitié, même si au fond, elle basait sur un mensonge. Il ne voulait cependant pas penser à ça maintenant, ce n’était absolument pas le sujet. Son interlocutrice le questionna sur son choix, son mode de vie et même s’il se sentit un peu blessé sur le coup, il lui répondit sincèrement et calmement. Et elle semblait avoir compris ses explications et son point de vue. Peut-être que si, lui aussi, avait eu du soutien, quelqu’un vers qui se tourner au moment de sa déviance, il n’aurait pas retiré sa diode et il ne tenterait pas de se faire passer pour un humain. Mais la vie en avait décidé autrement et lui avait arraché la seule personne qui aurait pu le soutenir.

Il adressa un petit sourire à son interlocutrice lorsqu’elle déclara que, lui aussi, était courageux. Nathaniel ne voyait pas les choses de cette façon. A ses yeux, ce qu’il avait fait n’était pas le résultat d’un acte courageux ou d’un truc du genre. « C’est gentil. Mais je ne m’estime pas courageux. Je n’aime pas l’injustice, c’est tout. Et je ne pouvais pas faire comme si de rien n’était. Peut-être que c’est même un peu idiot au fond. Parce que je sais très bien que ça peut m’attirer pas mal d’ennuis. » Il haussa les épaules. C’était apparemment dans sa nature, inscrit quelque part dans ses circuits, dans ce logiciel qui lui permettait d’exister. Il fut surpris par le geste de Dolly et écarquilla un instant les yeux. Ce geste…Son ancienne propriétaire le faisait aussi. Tous les soirs avant d’aller dormir. Et tous les matins en se réveillant. Forcément, ça éveillait des souvenirs en lui, des souvenirs beaux et douloureux à la fois. Car elle lui manquait vraiment. Un peu comme si Dolly avait lu dans ses pensées, elle le questionna sur sa déviance et son éventuel propriétaire. L’androïde sortit de ses pensées et secoua légèrement la tête. « Ma propriétaire ne m’a jamais fait de mal, au contraire. Elle était gentille et s’occupait bien de moi. Même si c’était surtout mon rôle de m’occuper d’elle vers la fin. Elle était âgée et malade… » C’était la première fois qu’il en parlait à quelqu’un. En même temps, il n’en avait pas vraiment eu l’occasion avant. Il ne pouvait décemment pas se confier à James.

« Quand elle est morte, j’ai ressenti quelque chose que je pensais impossible. Sa mort m’a tellement touché que…je suppose que c’est à ce moment-là que je me suis… réveillé. » Il fixa ses mains posées sur ses genoux et garda le silence pendant un moment. Ça ne faisait pas si longtemps que ça et dans son esprit, c’était même encore tout frais. Il fallait dire que les androïdes n’avaient probablement pas la même notion du temps que les humains. « Je me suis caché pour ne pas qu’on m’emmène je ne sais où. Personne ne connaissait mon existence, de toute façon. Ma propriétaire n’en avait parlé à personne. Alors, après son décès, je…je me suis fait passer pour son petit-fils pour pouvoir continuer à vivre dans sa maison. Je ne sais pas si c’était la meilleure chose à faire, mais je ne pouvais pas me résoudre à partir, à quitter cet endroit que j’affectionne tant. » Il se mit à scruter l’horizon, l’air un peu absent. « Je me demande ce qu’elle penserait de tout ça… Elle a toujours été convaincue que j’étais bien plus qu’un androïde. Elle devait avoir un sixième sens. » Il esquissa un tendre sourire en repensant à la vieille dame, puis il croisa le regard de Dolly. « Tu ne trouves pas ça injuste que nous puissions techniquement vivre éternellement, ne jamais tomber malades…alors que la vie des humains est limitée et fragile ? Peut-être que c’est pour ça que beaucoup nous haïssent…Ils sont jaloux, envieux…alors qu’on n’a rien demandé. » Peut-être. Mais il savait aussi qu’il n’y avait pas que ça.


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