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 In Hell I'll be in good company. | Elyon [UC]

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Elyon Vizker
Je me suis manifesté : 16 fois sur mes : 31 et je préfère : les beaux corps, hommes, femmes, comme androïdes et je dois ma tête à : moi-même

Message(#) Sujet: In Hell I'll be in good company. | Elyon [UC] Mer 27 Juin - 20:34

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Elyon Zenobia Lawrence Vizker
Feat. Ryo Love

Cynique/Fière
Amorale/Téméraire
Brute/Mauvaise
Impétueuse/Indépendante
Meneuse/Malicieuse
Sournoise/Lasse
Surnoms : si ses proches avaient l'habitude de l'appeler El, on ne la surnomme aujourd'hui plus que Viz, un diminutif tout droit venu de ses années de contractuelle.
Âge : 31 ans, née le 16 août 2009
Groupe : humains
Nationalité : Américaine
Origines : pot-pourri mêlant les parfums épicés de la Louisiane à quelques relents de Vieux Continent.
Situation : célibataire
Orientation sexuelle : elle se dira hédoniste et esthète quand on l'étiquettera bisexuelle. En réalité, Elyon aime ce qui se fait de beau, que le visage soit féminin, masculin - et là va sa préférence -, ou appartenant à un androïde.
Situation Financière : convenable.
Métier : chasseuse de primes, à la tête d'un groupe à la réputation aussi funeste que montante.
Quartier : Bronx
Êtes-vous propriétaire d'un androïde ? : non
Hors Jeu
Prénom ou Pseudo : Louyse
Age : la vingtaine bien entamée
Comment avez-vous connu le forum : Anne. Je te hais. uwu
Un petit mot ou une suggestion ? rhododendron.
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Elyon Vizker
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Message(#) Sujet: Re: In Hell I'll be in good company. | Elyon [UC] Mer 27 Juin - 20:35

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Dirt.
Yesterday I was dirty. Wanted to be pretty.
I know now that I'm forever       d   i   r   t.

Elyon appartenait à cette partie sombre et crasse de l'humanité qui faisait tache dans le décor.

On se sentait étrangement devenir écologiste, quand on la voyait apparaître. On se trouvait pris aux tripes, le cœur au bord des lèvres, l'envie furieuse de se battre contre une sorte de pollution ambiante qui semblait émaner spontanément de sa personne, comme si son être entier irradiait une obscurité visqueuse et écœurante qui donnait la nausée.

Elle avait cette particularité notable de ne rien laisser paraître de positif. S’il était des femmes, radieuses comme le soleil, qui rayonnaient d’une chaleur contagieuse, Elyon, elle, ne brillait au premier abord que par l’absence de cette dernière. Elle avait dans son aura un abîme jaloux qui dévorait tout ; un trou noir envieux et oppressant qui absorbait toute lumière, toute énergie, et ne les recrachait que lorsqu’elle s’éloignait. Elle était belle, pourtant, avec son visage fin et son nez camard. Ou plutôt : elle aurait pu être belle, s’il n’y avait eu ce halo repoussant pour l’auréoler et soulever le palpitant dans un vertige immonde quand on l’approchait.

A la voir ainsi, suintante d’une noirceur répugnante, l’œil malavisé se serait figuré une crevure, ou à défaut une pourriture. Et il n’aurait pas eu tout à fait tort, car Elyon n’avait a priori rien d’une personne aimable, au sens propre – aujourd’hui désuet – du terme. La jeune femme avait dans la peau un diable qui la rendait mauvaise et déchirait souvent son visage d’un rictus ignoble.
Les gens fielleux avaient cela de terrible qu’ils ne savaient reconnaître leur tort. Ils se cloîtraient dans une complaisance malsaine à laquelle personne ne mordait cependant. Ils tentaient de se réconforter ainsi, songeant en leur for intérieur qu’ils n’étaient pas si affreux que cela … Elyon, elle, savait son défaut. Elle l’admettait même, et là était le drame : il faisait mauvais genre pour quelqu’un de foncièrement vicelard de le reconnaître et de s’en targuer. Mais pourquoi donc nier son véritable visage quand on n’avait plus rien de bon à perdre, plus de place au paradis à se voir refuser, plus de vie éternelle à laquelle renoncer, plus de salut de l’âme – absente depuis trop longtemps déjà – à redouter ?

Elyon n’était plus une bonne personne. Elle était craquelée de vices et de pêchés qu’aucun prêtre ne saurait plus laver, et aucun démiurge pardonner. La chasseuse était pourtant une nature calme. De ce calme lourd et illusoire, électrique, qui précédait les tempêtes et l'orage. Et on avait, à se tenir à côté d’elle, la sensation désagréable de se trouver sur une pente glissante se terminant en précipice. Elyon était à l'image de ces cours d'eau qu'on entendait, sans les voir, se briser en torrent. Elle était un peu changeante, comme la lune et les saisons, comme une force de la nature qui s'altérait continuellement. Elle avait dans la poitrine une colère sourde qui grondait et dans le sang une violence amère qui infusait, éclatait parfois à la gueule du premier venu sans crier gare – bien qu’elle ne fût réellement agressive ou belliqueuse de caractère.

Elyon avait de grands yeux glauques, souvent maquillés de noir et de cernes, qui crevaient la pâleur de sa peau et creusaient la finesse de ses traits. Elle avait dans le regard quelque chose de dérangeant, un vide écœurant qui criait sourdement. Enfant, on lui disait qu'il s'y terrait un rien de sorcellerie, de ces croyances d'autrefois qui faisaient vibrer le sol de la Louisiane et rendaient son air étouffant. Mais de ces prunelles de gamine, il ne restait plus grand chose. Pas même l’œil droit. Arraché quelques années plus tôt, on l'avait remplacé par un ersatz bionique, comme ceux dont on équipait les androïdes. Et la jeune femme, qu'elle fût désintéressée ou simplement aigrie, n'avait jamais cherché à y imprimer une quelconque humanité. Quant au dernier miroir de son âme, l'œil sénestre, il ne renvoyait plus rien de bon depuis bien trop longtemps.

Cela ne l'avait pourtant jamais empêché de voir clair. Elyon était particulièrement attentive à son environnement. Elle scannait, scrutait avec son regard de vipère, déshabillait d'un simple coup d’œil, mettait à nu impudemment, crucifiait sans une parole et ordonnait sans que ses lèvres ne bougent, ayant toujours été de ceux qui observaient, dirigeaient en silence, plus que de ces grands orateurs qui soulevaient les foules à la force de leurs mots. Elyon convainquait par ses actes, par son regard qu'on peinait à savoir mauvais ou génial, par la détermination téméraire qui brûlait dans ses veines, suintait par tous les pores de sa peau. Elle avait dans le sang quelque chose d'éloquent et d'enflammé, qui prenait aux tripes et donnait envie de la suivre au bout du monde, dans toutes ses quêtes et ses querelles.  
Et lorsqu'elle s'exprimait, c'était avec un franc-parler incisif, brut, exsudant de volonté et de hargne. Elyon crachait ses mots de sa voix étrange, entretenue au tabac, à l'alcool et aux nuits blanches. Elle avait un timbre sombre et râpeux, grave, qui donnait la sensation d'avoir été trop longtemps oublié dans un fût de bourbon puis abandonné dans un fumoir durant des années avant qu'enfin on ne se décide à le libérer.
Elle avait la voix de son caractère, à défaut d'avoir celle de son physique élancé. Elle agressait par sa franchise cinglante, presque irrespectueuse, par son cynisme inné et son sarcasme qui irritaient dans cette société gouvernée par un roi hypocrite dont la maîtresse n'avait pour pratique orale que celle de la langue-de-bois. Elyon, provoquée, était incapable de se taire, incapable d'arrondir les angles ou de mentir. L'ancienne contractuelle avait tant dissimulé ses intentions, arrangé la vérité dans ses vies antérieures qu'elle s'était résolue à abandonner tout cela dans cette nouvelle existence. L'authenticité de ses propos décontenançait alors, si bien que ses interlocuteurs tendaient à se méfier de chaque parole sifflée par sa langue de serpent. Et quand ils la questionnaient sur les mensonges qu'elle pouvait leur servir, elle leur répondait instinctivement, un rictus vaporeux aux lèvres, qu'elle ne mentait pas. Plus. Ils ne la croyaient que rarement, leur esprit incapable de démêler le vrai du faux. La chasseuse de primes jouait de cela, abusant de la crédulité et du scepticisme de ces hommes qui ne savaient plus entendre, n'étaient pas suffisamment forts pour supporter la vérité lorsqu'elle s'agitait, nue, sous leur nez aveugle.

Elle devenait imbuvable dans ces moments-là, quand l’assurance et l’orgueil insupportable qui émanaient naturellement d’elle commençaient à contaminer l’air qui l’entourait, celui qu’elle respirait, au point de mener à l’asphyxie. S’il y avait eu une chose qu’elle avait traîné de son enfance, c’était cette fierté écrasante qui la rendait impétueuse et sauvage.
Un dicton vétuste et poussiéreux l’avait voulue libre à sa naissance. Libre d’être qui bon lui semblerait, comme bon lui semblerait. Et pourtant, Elyon n’avait jamais goûté à cette émancipation. On l’avait enchaînée au cadre de vie d’une classe sociale, tenue en laisse à grands renforts d’une bienséance qui n’avait fait que la brimer. On lui avait dit fille quand elle était née garçon manqué ; dinette quand elle jouait à grimper aux arbres avec ses frères ; Marines quand elle se rêvait artiste. Dieu seul savait les moules dans lesquels on avait voulu la forcer. Mais la dignité hardie et l’honneur incompréhensible qu’elle avait dans l’âme avaient fini par les briser un à un, démolissant les codes, les règles, jusqu’à sa propre vie. Elle n’avait jamais été faite pour respecter une autorité qui n’était pas la sienne, des lois dictées par de plus grands qui lui imposaient de les suivre aveuglément. Elyon vivait au rythme de ses tripes, de son instinct qui lui dictait sa conduite, lui intimait de foncer droit dans le mur comme la tête de mule qu’elle était ou au contraire de se retenir un peu. Il avait guidé ses choix, ses actes, ses mots, ses erreurs comme ses réussites.
En étant ainsi, elle avait fait une croix sur ce qu’elle aurait pu être. Elyon était devenue tout ce que sa mère aurait voulu qu’elle ne soit pas. Tout ce que son père haïssait viscéralement chez ses pairs.

Des règles qu'elle avait brisées un milliard de fois, elle avait conservé certaines bases pour en construire de nouvelles. Les siennes. Qu’elle respectait et faisait appliquer. Elle avait un code de conduite à son image : tortueux et sournois, souffrant d’un cruel manque d’éthique qui lui conférait toute sa force. C’était parce qu’elle connaissait les limites pour les avoir maintes fois repoussées qu’elle pouvait se permettre d’être qui elle était. Revêche, elle s’octroyait le droit de faire ce qui lui plaisait, indépendamment des conséquences et dommages collatéraux qu’elle laissait gueule ouverte sur son passage, flirtant continuellement avec les frontières de la légalité. Peu lui importaient les moyens, pourvu que le but qu’elle s’était fixé soit atteint.
Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse !

Et l’ivresse était une amie qu’elle ne connaissait que trop bien. Elle se renfrognait d’ailleurs lorsqu'on lui faisait remarquer qu'elle buvait beaucoup, qu'elle fumait trop. Elyon noyait son alcool dans le chagrin, et inversement ; occupait ses doigts sur ses éternelles Craven A sans se soucier des poumons qu'elle crevait. Elle se perdait ainsi dans les plaisirs simples et nocifs de la vie ; par envie, par amusement, pour combler les manques. Pour oublier ses jambes fatiguées de courir après des hommes et androïdes qu'elle ne considérait plus qu'en primes, oublier les conquêtes et aventures qu'elle enchaînait sans plus compter pour éviter la solitude. Elyon vivait et crevait à la fois. Extrême dans tout ce qu’elle entreprenait, elle brûlait sa vie par les deux bouts, consumant petit à petit la corde raide sur laquelle elle tenait difficilement depuis si longtemps. La quatrième décennie lui faisait des signes, de l'autre côté de la route ; mais elle n'était pas sûre de parvenir jusqu'à là-bas, pas sûre d'en avoir envie, en réalité. Elle cannerait jeune, elle le savait. Violemment. Seule. Quand on appréhendait l’avenir à sa manière, on acceptait une forme de solitude primaire, maladroitement compensée par des relations sans avenir, sans lendemain, qui laissaient le cœur vide et l’esprit un peu plus défait.
Elle qui n'avait jamais été seule haïssait ce sentiment plus que tout au monde. Elle craignait la solitude traîtresse qui démuselait ses démons et les faisait éclater dans le silence de sa conscience éteinte, aussi la jeune femme prenait-elle soin de s'entourer, en bonne meneuse. Toute petite, elle comptait sur ses frères pour occuper ses journées d'éclats de rire et de méfaits ; enfant, elle avait eu la bande de caïds et petites brutes pour exécuter ses ordres et lui rendre des comptes, le sourire jusqu'aux oreilles, l’œil hagard, la queue battante comme celle de chiens. L'âge avait mis sur sa route ses camarades patriotes, puis les membres de son escouade. Aujourd'hui, enfin, elle était la tête pensante d'un petit groupe de mercenaires soigneusement sélectionnés qui l'accompagnaient sur les primes les plus complexes et s'exécutaient selon ses caprices et désirs, lui donnant la sensation illusoire de n'être jamais abandonnée. Elle avait sur ses sujets un peu de cette influence charismatique et dangereuse qu'avaient les dirigeants de secte. Et malgré cela, Elyon était loyale. De cette loyauté réfléchie qui pouvait briser des chaînes et déplacer des montagnes.

Certains l’appréciaient pour cela. D’autres se contentaient de la tolérer pour cette simple qualité. Elyon, on l’avait vu, n’était pas une personne adorée de la majorité. On l’aimait ou on la détestait, en réalité. Noir ou blanc. Aucune nuance de gris ne se faisait lorsqu'il s'agissait d'elle. On aimait son humour graveleux, sa vulgarité crue, l’absence de filtres qui lui allait si bien, son sale caractère qui la rendait réelle, palpable. L’ancienne contractuelle était tout en relief et en volumes, véritable montagne russe que rien ne saurait arrêter. On détestait son sarcasme, sa morale basse et torve, son arrogance insupportable qui donnait envie de lui briser le nez pour effacer enfin le sourire suffisant qu’elle arborait trop facilement.

Elle avait ramassé tant de coups, essuyé tant de raclées qu'elle s'étonnait que son corps tienne encore la route. Elyon avait cessé depuis bien longtemps de compter les os brisés, les muscles froissés, les chairs rapiécées. Elle ne s’inquiétait plus, en croisant son reflet, d’une nouvelle contusion, de sa lèvre souvent ouverte, d’une arcade tuméfiée ou d’une pommette rougie de sang ; comme elle ne grinçait plus des dents quand elle contractait son poing gauche et que ses jointures à peine cicatrisées craquaient à nouveau. Le droit, lui, n’avait plus d’importance. Une erreur stupide l’avait réduit en charpie presque dix ans auparavant.
Les chirurgiens avaient fait leur boucherie proprement, la privant d’une part d’elle jusqu’à l’épaule pour plus de stabilité, enfonçant broches et capteurs dans ses chairs meurtries pour relier son corps à un bras d’automate qui répondrait à ses ordres mais ne lui permettrait plus de sentir quoi que ce soit. Le travail, remarquable, se distinguait à peine. De la couleur et du grain de peau à la pilosité, tout avait été fait pour ressembler au modèle réel. Elyon elle-même ne se serait rendue compte de rien s’il n’y avait eu, à hauteur du poignet, cet espace immaculé autrefois barré d’une longue cicatrice, souvenir amer d’une mauvaise chute de jeunesse et de la rouste qui avait suivie.

Il y avait sur son corps tant de restes de ses aventures qu’il aurait fallu un siècle pour tous les lister. Elyon, forteresse qu'il fallait attaquer à coups de bélier pour espérer voir ses murs se briser, racontait parfois, lorsque son humeur était clémente et qu'elle se sentait disposée, l’une ou l’autre des histoires qui l’avaient conduite à se trouver marquée. Elle évoquait alors avec une douceur nostalgique qui ne lui ressemblait pas les souvenirs de son enfance ou ceux de son adolescence, gardant cependant sous clés les mémoires de ses années au service des Marines, comme de ses années de mercenariat. En bonne contractuelle, elle avait la décence et l'intelligence de taire ses méfaits, étant suffisamment maline pour savoir que sa place dans le monde des vivants ne lui serait accordée qu’aussi longtemps qu’elle tairait ce qu’elle avait pu faire à l’étranger.

De toutes les marques qui déchiraient sa peau, on ne gardait bien souvent en tête que la constellation de ses scarifications. Il y avait sur son buste, son ventre, ses hanches, son dos, ses jambes et son bras gauche, un dessin confus de points, de lignes gravées dans ses chairs, créant monts et sillons, esquissant les contours de ses aventures passées, présentes, futures, et de celles qui n’auraient jamais lieu. Dans ce tableau abstrait, deux symboles dénotaient : un premier vévé vaudou, celui de Damballah, gravé sous la plante de son pied gauche, jouait l’asymétrie avec celui de Papa Legba, sous la voute plantaire dextre.
On aurait pu penser ses modifications corporelles tenues à cela : à d’indescriptibles motifs striant son derme froid, accompagnés de longs cheveux aux couleurs du spectre visible et de quelques bijoux trouant sa peau ou son cartilage – qu’il se fût agit d’un septum, d’un lobe stretché ou des microdermaux qui crevaient sa nuque. Mais il y avait, sous ce tableau décrivant aveuglément sa vie, injectée dans la chair, une encre que seule la lumière noire révélait. Et l’éclairage adéquat dévoilait alors l’étrange fluorescence de motifs géométriques qui, allant crescendo de son bras valide et de sa nuque, se rejoignaient sur son dos pour le dévorer pleinement à la manière des tatouages intégralement noirs d’antan.

C’était là tout ce qu’il y avait de beau en elle. Du reste, elle se défigurait seule à grands renforts de misanthropie. Comme si ce qu’elle avait vécu, ce qu’elle avait vu et perpétré avait entaché à jamais sa considération déjà maigre de l’humain et l’avait rendue lasse. De tout. Même d’elle.
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Elyon Vizker
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Message(#) Sujet: Re: In Hell I'll be in good company. | Elyon [UC] Mer 27 Juin - 20:35

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A User's Guide to living and dying.
Putain. Tu m’entends ? Eh ! Ma puce ? Baissez votre arme. Le jazz, ma grande, le jazz ! … coincée dans le cul d’une licorne. Pardon Monsieur, non Monsieur. Viz ? Elyon ! Reviens ici ! Qu’est-ce que tu branles bordel ?! Tu te fous de moi … T’en fais pas, je resterai tranquille sans broncher la prochaine fois … Tu me débectes. Tu comptes m'ignorer encore longtemps ? … comportement turbulent. Je t'ai déjà dit de ne pas leur parler de ça. Tu l’as ruinée toute seule. Bébé ? Ça va aller, ça va aller. Gardez vos hommes en laisse. Ça te convient ainsi ? Ferme ta gueule. Reviens-ici bordel ! Viz ! Parle-moi putain. C’est un ordre.

Ça va aller.
Ça va aller, d’accord ?

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Ain't nothing like a Louisiana Saturday night.


Toutes les maisons se ressemblaient sur la route d’Oak Tree. Étonnamment, de chênes, la rue n’en avait plus vu la moindre racine depuis bien des années, le dernier de ces arbres ayant bénéficié d’un joyeux ravalement de façade à grands renforts de macadam. Il l’avait bien fallu pour lisser le paysage urbain et donner au lotissement ce cachet subtil qui seyait si bien les nouveaux quartiers des villes de Louisiane ; de quoi vendre, clés en main, l’intégralité des habitations du projet immobilier à des familles qui elles aussi se ressemblaient. Elyon était née dans l’une d’elle, mais elle aurait pu naître dans celle d’à côté tant rien ne permettait de les différencier.  

La demeure familiale ne tranchait guère de celle du voisin : des murs de briques automnales, des portes blanches assorties aux fenêtres comme aux gouttières, des tuiles grises et lisses pour s’y installer avec un télescope, un gazon entretenu aux ciseaux, un palmier planté non loin de l’entrée, le dernier SUV à la mode roulant ses mécaniques devant le garage, et pour couronner le tout, le drapeau des États-Unis flottant haut. A Belle-Chasse, on était patriote, puisque bien souvent militaire.

Joseph Vizker ne dérogeait pas à cette règle. Fruit de trois générations d’officiers militaires, il n’avait eu d’ambition, plus jeune, que celle de plaire à son père. Par chance, son obstination et son zèle en avaient fait un capitaine de corvette plutôt admirable, qui toucherait plus tard, à l’aube de la retraite, son rêve de devenir frégaton.
S’il avait passé la majeure partie de sa vie au nord du pays, ses ambitions professionnelles eurent raison de son chauvinisme et le forcèrent à troquer son Maryland natal contre le sol lourd et poisseux de la Louisiane. Il avait emporté avec lui une femme rayonnante comme le jour : Nicole. Nicole, qui avait sacrifié à ses études d’histoire de l’art le rôle de mère d’un premier garçon qui ferait leur fierté, Jedidiah.

Saül naquit deux ans plus tard, à l’automne deux-mille six, à quelques jours d’intervalle seulement du deuxième enfant des voisins d’en face, et de ceux trois maisons plus loin. Les femmes du quartier ne s’étaient accordées sur ces naissances rapprochées que parce que leur mari avait quitté le domicile pour une mission en mer neuf mois plus tôt, et qu’il était de bon ton d’imiter les autres pour assurer l’homogénéité parfaite d’un quartier qui l’était d’apparences tout autant.
Si certaines vieilles commères se plurent bien vite à prêter quelques histoires adultères aux mères ayant mis leur enfant au monde un peu trop tard, Saül et Nicole échappèrent à ces contes de vipères tant le gamin tenait de son père. S’il y avait eu infidélité, il aurait fallu inverser les nourrissons de la maîtresse et de la femme trompée, une coïncidence aussi bien faite qu’hautement improbable. A Belle-Chasse, on était fidèle, puisque bien souvent superstitieux. On craignait le Bon Dieu plus qu’on ne craignait le diable. Et cette foi aveugle, qui forçait Joseph à n'honorer que sa femme, cette foi aveugle, qui poussait Nicole à prier chaque semaine dans l’église se trouvant non loin, la forçat un jour à pousser autre chose entre les murs du lieu saint. Elyon inspira ainsi, pour premier bol d’air, entre un prêtre ahuri par le sexe offert d’une femme et deux garçons inconscients de la scène, un savant mélange d’odeur d’encens, de Bibles poussiéreuses et de parfum de grenouilles de bénitier.

Ses parents lui avaient attribué un nom divin, comme ses aînés en avaient reçu un biblique, dans l’espoir de guider ses pas et de lui offrir une place au paradis. Quelque croyance voulait que le prénom déterminât le caractère du nouveau-né ; et cela ne fut jamais plus vrai pour ses frères, de véritables anges, à qui on aurait donné le Bon Dieu sans confession. Mais Elyon était une enfant terrible, un démon plus qu’une sainte. Elle avait le diable au corps et une malice dans l’âme qui la rendait infernale.


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We don't need no education.


A peine sut-elle ramper qu’il fallut l’avoir constamment à l’œil de crainte qu’elle n’aille se perdre à l’autre bout du monde ; et les choses allèrent empirant à mesure qu’elle sut marcher, courir, sauter. Elyon, agitée d’une curiosité insatiable, ne savait rester en place et se tenir sage comme une image, comme les autres enfants du quartier. Elle avait dans le sang une fougue qui la rendait téméraire, des serpents qui lui sifflaient des méfaits qu’elle accomplissait volontiers. Rien ne pouvait l’effrayer : ni les bleus, ni les égratignures, ni les chutes, ni les os brisés, ni la mort dont elle n’avait alors conscience, ni les réprimandes de ses parents. La plus jeune des Vizker était une mauvaise graine que les autres mères préféraient loin de leur progéniture de peur qu’elle ne les contamine. Ces voisines inquiètes, qui n’avaient d’autre trouble qu’une trublionne turbulente ayant plus de talent pour piétiner leurs parterres de fleurs que pour écrire son nom, tenaient là une part de vérité. Car Elyon, avec son sourire mutin, ses grands yeux clairs et son rire singulier, savait mieux que quiconque haranguer ses petits camarades pour qu’ils la suivent dans ses entreprises et aventures. Elle entraînait avec elle les plus sérieux comme ceux qui rêvaient de bêtises sans jamais oser les commettre.

Il était commun à Belle-Chasse de se mêler des affaires des autres, si bien que de vieilles commères, celles-là même qui parlaient adultère, eurent tôt fait de suggérer que Nicole et Joseph ne parviendraient jamais à gérer cette enfant impossible qu’on pensa plus d’une fois possédée. Il n’était rien de plus intéressant pour un parent que dispenser des conseils pour l’éducation d’un gamin qui n’était pas le sien. Mais Nicole, qui avait la patience d’une reine et la douceur du soleil, avait toujours le mot pour répondre d’une voix d’ange et dans un sourire divin, à ces vipères qui n’avaient d’autre loisir que celui de cracher leur venin.

Qu’importe l’éducation qu’elle eût reçue, Elyon ne se serait jamais laissée apprivoiser. Toute jeune déjà, elle irradiait ce besoin constant de liberté qu’on ne pouvait ni ne voulait lui accorder. La benjamine n’était pas une âme que l’on brimait, ni même que l’on réprimandait. Les punitions n’avaient d’effet sur elle, et Joseph finirait par comprendre qu’à distribuer les gifles qu’elle méritait pourtant, il ne faisait qu’amplifier son comportement revêche. La petite redoublait de malice pour contrarier les adultes : elle parlait peu, pas, par fénéantise et envie d’imposer son sale caractère plus que par réelle incapacité. Elle aurait pu réciter son alphabet à l’endroit comme à l’envers si elle l’avait désiré. Mais cela, elle ne le désirait pas.

Elyon, lorsqu’elle eût fini d’accabler maîtresses et assistantes du jardin d’enfant, laissa exploser toute son espièglerie à l’école primaire. Si son comportement de petit diable sembla s’apaiser en salle de classe, ce ne fut que parce qu’elle dévoilait tous ses talents dans la cour de récréation. Il n’était, avant même les vacances d’hiver, une seule règle qu’elle n’avait pas brisée ou savamment contournée. Si elle payait les pots cassés lorsqu’on la prenait la main dans le sac, elle tut la plupart de ses méfaits et s’assura qu’aucun de ses petits camarades de classe n’aurait l’idée de souffler sa culpabilité. Elle promettait pour cela monts et merveilles : un goûter, le nouveau jeu à la mode, un dessin, le droit de tenir la main du garçon qui plaisait, un baiser d’une fille plus grande … En matière de combines, la gamine n’était jamais en reste. Et puisqu’aucun grand malfrat ne s’était forgé de réputation en solitaire, Elyon se trouva aussitôt qu’elle le put quelques associés dans sa classe ou plus âgés.
Les gosses qui l’entouraient alors étaient de petites brutes qui voulaient jouer aux durs malgré un cœur tendre dans le simple but de passer pour de vrais bonhommes et d’ainsi satisfaire l’égo monstrueux de leur père. Si les garçons, à cet âge, avaient encore cette aversion pour les filles qui leur passerait bien vite, Elyon était différente : elle parlait comme l’un d’eux et frappait avec plus de force encore. Puisqu’il n’y avait rien de plus humiliant que de se faire battre par une gamine maigrelette, on s’en faisait une amie dont on acceptait l’autorité. Elyon avait bien compris qu’on survivait par ses alliés plus que par ses ennemis. Et si, à l’époque, la survie était liée de près au droit de jouer dans la cour de récréation – un privilège dont on dispensait ceux qui finissaient le nez au coin –, la petite garderait cette leçon en tête durant de longues années.  

Elle ne brillait ni par ses résultats scolaires ni par son sérieux dans l’apprentissage des matières les plus conventionnelles. Si on lui avait demandé son avis, Elyon aurait répondu que l’école l’ennuyait, et qu’elle avait plus de plaisir à grimper aux arbres et à sauter dans les flaques. Mais jamais ses professeurs ou ses parents ne prirent la peine de la questionner quant à cela – les enfants ignorant après tout ce qui était bon pour eux. Peut-être, se serait-on intéressé à son point de vue, aurait-on pu saisir d’où venait ses lacunes et quels points améliorer pour lui offrir une éducation qui lui aurait correspondu. A la place, la benjamine des Vizker perfectionna son écriture en copiant des lignes et sa résistance aux rossées de son père à force d’exclusions.

Il y avait, tout au bout de la route d’Oak Tree, un petit plain-pied qui ne payait pas plus de mine que cela, dont les murs extérieurs étaient recouverts de ces lambris clairs si typiques du coin. C’était une demeure comme seul le sud des États-Unis savait les faire : petite et tassée, aux contours formant un rectangle parfait, ennuyeux. Les enfants du coin pressaient constamment le pas lorsqu’ils passaient devant et se damnaient de terreur lorsque l’un de leurs jouets finissait par malheur de l’autre côté de la palissade ; car les plus grands disaient la maison habitée par une sorcière et un pauvre homme qu’elle avait ensorcelé jusqu’à ce qu’il tombât amoureux. Les femmes du voisinage, si elles tenaient la réelle version de l’histoire, ne reprenaient guère leurs rejetons sur ces histoires facétieuses. Le style architectural du plain-pied jurait avec le reste de la rue, et ce couple étrange qui faisait la légende urbaine locale ne faisait jamais belle impression aux réunions de quartier. On les préférait donc sorciers et marginaux puisqu’ils ne savaient s’accorder au standing du pâté de maisons.
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Connor
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Message(#) Sujet: Re: In Hell I'll be in good company. | Elyon [UC] Mer 27 Juin - 20:39

Biiiiiiienvenue !!
Personnage qui va envoyer du lourd !! Huhu Hâte d'en savoir plus ! I love you

∇▲∇▲

— You're a machine, you were designed to obey, so obey! ;; @unknow

∇▲∇▲
Stabilité logiciel
86%
Non-déviant (86.0%)
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Message(#) Sujet: Re: In Hell I'll be in good company. | Elyon [UC] Mer 27 Juin - 21:03

Bienvenue !! Very Happy Un perso que je vais devoir arrêter ? :3

∇▲∇▲

Hank au réveil:
 



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Elliott
Je me suis manifesté : 79 fois sur mes : 3 ans de vie. J'exerce la fonction de : androïde à tout faire et punching ball et je préfère : Erreur Système et je dois ma tête à : tenshi (vava) you_complete_mess (signa)

Message(#) Sujet: Re: In Hell I'll be in good company. | Elyon [UC] Mer 27 Juin - 21:51

Bienvenue I love you

∇▲∇▲

Why is the world like this ?
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Message(#) Sujet: Re: In Hell I'll be in good company. | Elyon [UC] Jeu 28 Juin - 1:20

Bienvenue
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Doc
Je me suis manifesté : 39 fois sur mes : 1 an ans de vie. J'exerce la fonction de : médecin chirurgien et je préfère : la gente féminine

Message(#) Sujet: Re: In Hell I'll be in good company. | Elyon [UC] Jeu 28 Juin - 1:21

Bienvenue ! Smile (faut remercier Anne donc ? Mdr ) Ton personnage promet Hate

∇▲∇▲

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Message(#) Sujet: Re: In Hell I'll be in good company. | Elyon [UC] Jeu 28 Juin - 1:29

Bienv'nue m'dame !
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Cléo
Je me suis manifesté : 95 fois sur mes : un ans de vie. J'exerce la fonction de : bonne à rien faire (nourrice dans une garderie) et je préfère : tout ce qui ne chouine pas (en quête de ses préférences) et je dois ma tête à : thinkky (avatar) tumblr (gif) beylin (sign)

Message(#) Sujet: Re: In Hell I'll be in good company. | Elyon [UC] Jeu 28 Juin - 1:44

Le personnage promet ! Hate
Bienvenue parmi nous et bonne continuation pour la suite de ta fiche! Ange

∇▲∇▲

Insomniaque
LE CŒUR EN VRAC
COURIR. COURIR TOUJOURS. FUIR.

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Elyon Vizker
Je me suis manifesté : 16 fois sur mes : 31 et je préfère : les beaux corps, hommes, femmes, comme androïdes et je dois ma tête à : moi-même

Message(#) Sujet: Re: In Hell I'll be in good company. | Elyon [UC] Jeu 28 Juin - 6:54


Merci pour votre accueil jeunes gens ! Hey
En espérant que le personnage sera à la hauteur de ce à quoi vous vous attendez, haha !

@Hank Anderson : eh non, pas d'arrestation pour Elyon ! Les chasseurs de primes sont autorisés aux États-Unis, et ils travaillent souvent de concert avec les forces de l'ordre. :3
Après, en ce qui concerne la manière dont elle occupe son temps libre ... Eh bien, on se laissera surprendre. :3
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Message(#) Sujet: Re: In Hell I'll be in good company. | Elyon [UC]

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In Hell I'll be in good company. | Elyon [UC]
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