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 Fuck off enough of this shit... But I will help you

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Je me suis manifesté : 45 fois sur mes : 35 ans et je préfère : Ca te regarde pas et je dois ma tête à : Kefka

Message(#) Sujet: Fuck off enough of this shit... But I will help you Jeu 13 Sep - 8:40


 
 
 
 
 

Il est tard. Très tard, ce soir-là. Griffin avale d’une traite le café brûlant qu’elle vient de lui servir. Elle ? Pas une femme, non, enfin, pas la sienne. Une amie. Lui-même a encore du mal à croire qu’il compte un élément féminin dans ses proches – ouais parce que Ellie, sans vouloir l’offenser, elle n’a rien d’une « meuf » aux yeux de Griffin. Senara, c’est différent. Bien différent. A dire vrai, au premier regard, on s’étonne de les voir se connaître. On peine à croire qu’ils puissent être… si proches. Pas quand on voit Griffin et sa gueule défoncée, Senara et ses yeux maquillés, pas quand on entend Griffin jurer et Sanara, se contenter d’un sourire glacé. Tout les oppose, la finesse de l’une tranche avec le manque de délicatesse de l’autre. D’ailleurs, il n’est pas rare de les entendre se disputer, parfois violemment, bien que Griffin n’ait jamais levé la main sur elle et que l’inverse est tout aussi vrai. Dans le pire des cas, ils s’ignorent quelques temps – jamais longtemps. Griffin n’en est pas capable. Griffin s’est attaché à elle, probablement car avant de voir la femme, il a connu la fille qu’elle a pu être. Senara l’a vu sous son visage le plus vulnérable. Un pleurnichard froussard. Il a bien changé, et ce n’est pas forcément bien.

Mais certaines choses, elles, ne bougent pas. Comme sa manie de protéger Senara. Griffin est déjà intervenu plus d’une fois quand un homme se montrait un peu trop insistant avec la jeune femme. Non pas qu’elle ne soit pas capable de se défendre, loin de là, mais ça lui mettait la rage de voir le type pas fichu d’abandonner. Alors il venait avec ses grands sabots ; pour les lui foutre dans la gueule et ailleurs, si y’avait besoin. Ou comme ce soir.

Elle l’a appelé. A minuit passé. Griffin a râlé comme un putois et a probablement craché quelques insultes sans grande méchanceté au téléphone – « t’es chiante bordel tu penses que j’ai que ça à foutre putain ? » ou de jolies phrases riches en propos que l’on peut qualifier de désinhibés. Néanmoins, il avait pris sa boîte à outils, enfourché sa moto et arrivé chez elle en moins d’une vingtaine de minutes. Il était entré chez elle et s’était mis au travail, sans poser de questions, surtout pas à ce « putain d’androïde » qu’a pas « intérêt à bouger son cul ou je le défonce ». Senara était probablement accoutumé à son langage de charretier, bien qu’avec Griffin, il était plus prudent de se méfier : il était bien différent des chiens qui aboient et qui n’ont pas le courage d’attaquer… Griffin, c’était plutôt le bâtard prêt à tout pour défendre son territoire. Un territoire miné, celle de son intégrité, qu’il était malheureusement très facile de menacer. Il suffisait d’un peu d’agressivité, d’un geste brusque, d’un mauvais regard et il grimpait sur son char, prêt à écraser le moindre danger.

Mais pour son amie, Griffin avait toujours été prêt à faire de nombreux efforts. Comme mettre ses mains dans des circuits plein de thirium et passer quelques heures, en pleine nuit, à réparer cette « fichue machine ». Il ne chercha pas à parler avec l’androïde et si ce dernier tenta de lui adresser la parole, Griffin lui beugla un « ferme ta gueule ! » si agressif qu’il suffisait à décourager toute tentative de communiquer. Fermé comme une huître, protégé par ces barricades dressées et renforcées depuis des années, il n’était pas toujours aisé d’entrer en contact avec les rares qualités que Griffin renfermaient. Pourtant, cette nuit, il s’était déplacé, pour elle. Et il soignait un « enfoiré d’androïde » pour elle. Concentré et appliqué, Griffin marmonnait dans sa barbe de quelques jours, veillant à replacer les pièces mal positionnées, à réparer les tuyaux alimentant le thirium en refermant les trous voire en remplaçant les pièces. Il prit la peine de souder certaines pièces, d’autres, de les attacher avec un peu de super glue, pour les articulations ou autres pièces requérant de la souplesse, il se chargea d’assouplir des pièces de plastique avant de les glisser dans le corps de l’androïde. Il avait été formé pour les réparer et Griffin était un passionné de mécanique. Mettre en état le nouveau jouet de Senara lui prit quelques heures et ce fut aux alentours de 3 h du matin qu’il lui demanda un café, d’une voix épuisée.

Griffin est insomniaque et les 2 jours passés sans dormir commencent à lui peser. Il a encore son café en mains, massant ses paupières de l’autre, avant de perdre sa main dans sa barbe dans un soupir. Aujourd’hui, il n’a pas trop ramassé. Griffin se contente d’un pansement sur le nez. Ses mains sont encore souillées de thirium, il en a jusqu’au coude et une grosse traînée sur le front. Ca, c’est quand il a dû se pencher dans le circuit interne pour voir ce qui pouvait dysfonctionner. Il rabaisse finalement la main et ses yeux bruns revinrent chercher Senara. Il veut reprendre une gorgée de café, incline la tasse, mais rien ne vient… Ah oui, il l’a finie. Mais une goutte traîtresse s’échappe et s’écrase sur son menton, lui arrachant un juron. « Saloperie » grommelle t il, essuyant son menton d’un revers de main – et vas y que je me tartine la tronche de thirium et de café. Charmant mélange. Au moins, pas de sang s’en mêle, cette fois.

_ Je peux savoir ce qui t’est passé par la tête ? T’as vu l’état de ce truc bordel ? Tu l’as trouvé où ? Pourquoi tu l’as ramené ?

Les questions tombent. Comme lors d’un interrogatoire – mauvais réflexe de flic -, il les enchaîne, les assène comme des coups de hache, pour faire vaciller son interlocuteur, pour arracher la vérité. Bien qu’actuellement, cela trahit particulièrement son implication et le fait qu’il se sente concerné : après tout, c’est lui qu’a réparé cette satanée machine, peut-être qu’elle méritait juste de crever et que Senara l’a sauvé par bonté. C’est pour elle qu’il s’est Sali les mains et il a la mauvaise impression d’être à présent complice d’un crime qu’il ne connaît pas : celui d’un acte d’humanité désintéressé mais ça, Griffin ne le comprend pas. Car lui et Senara ont vu, vécu, le pire de l’Homme, qu’ils l’ont enduré toutes ces années. C’est ça, leur point commun, c’est cette rivière qui relie leur deux berges, c’est ce vécu qui rassemble ces personnes si différentes.

Parce qu’au final, elles sont les seules à pouvoir se comprendre. A connaître cette douleur, cette déchirure, qui pousse à bouger, bouger pour ne pas se faire emporter. Pour ne pas crever dans cette souffrance, pour réussir à en arracher un tant soit peu de conscience et d’existence. Senara a trouvé l’art, Griffin s’est noyé dans le sang comme certains se noieraient dans l’alcool. Alors que Senara expie son mal, Griffin l’affronte à bras le corps, quitte à s’infliger des souffrances physiques pour se sentir plus fort, pour le soulagement de se voir guérir. Même si cette guérison n’est que charnelle et que les plaies internes restent toujours béantes. Il trouve une vraie libération dans sa violence, dans son agressivité, parce qu’il peut enfin se défendre, il peut enfin attaquer et se protéger. Parce qu’il n’est plus ce garçon tremblant de peur, tout du moins, c’est ce dont il essaye de se persuader. Parce que quand Eliott a tenté de lui parler, Griffin s’est figé, tendu, paralysé. Et il valait mieux que l’androïde n’ait pas eu de gestes à proximité de Griffin ou un coup aurait pu lui échapper, pour le calmer, se calmer.

Parce qu’au final, si Senara et Griffin sont toujours si amis, c’est peut-être car l’enfant qu’ils renferment n’est toujours pas mort. Ces enfants qui se sont connus, aidés, n’ont pas totalement disparu. Car Griffin, ce soir, a pris sa moto pour la rejoindre, comme autrefois, il a pu courir depuis chez lui pour lui ramener de la nourriture, une couverture. Parce qu’au final, sous cette écorce de guerrier déchaîné, se dissimule ce garçon au cœur tendre, protecteur et effrayé, effrayé par ce monde et tout ce qui y vit. Effrayé au poing d’avoir constamment les poings levés et la tête rentrée. Effrayé comme ce gamin qui se réfugiait dans un coin de sa chambre, mais son seul abri est à présent le coin de sa tête, son cœur, bien caché au fond de cette cage thoracique, de cette prison d’os rassurante où la chaleur a de plus en plus de mal à se glisser. Griffin fait tout pour effacer, oublier cet enfant, qui, en réponse, devient de plus en plus présent, de plus en plus étouffant. Ses peurs grandissent avec les années, elles changent de visages, mais sont toujours menaçantes. Elles le cernent, cherchent à l’attraper et l’immobiliser de leurs ongles acérés, ces griffes glacées qui pénètrent et déchirent le cœur. Ces peurs qu’il affronte à grands renforts de coups de poings, de tête, de pieds, car se battre, c’est tout ce qu’il connaît, c’est tout ce qu’il a appris. Se battre pour survivre, se battre pour tenir.

Mais aujourd’hui, il a passé sa peur. Il a réussi à surmonter son angoisse, pour réparer ce fichu truc, pour aider Senara. Et malgré son air grognon, il est… curieusement soulagé. Soulagé d’avoir réussi à faire ce que Senara avait besoin qu’il fasse. Il s’est toujours senti inutile mais il a enfin eu l’impression de réellement l’aider. Enfin… Après toutes ces années.
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